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Recettes des artisanats

lundi 1 février 2016

[Chronique] Jour 2 - Amis ou ennemis ?






- Jour 2 -



Après une nuit particulièrement difficile, la lumière inondait le paysage. Je me relevai non sans mal et m'étirai de tout mon long. Alors que je me penchais sur mon feu, je constatai qu'il s'était totalement consumé. Je ramassai les cendres et levais le camp.



Regardant au loin, je distinguai la traînée de fumée, montant haut dans le ciel, aperçue la veille. Pris par la curiosité, je pris la direction de cette ligne noire coupant l'horizon de son tranchant de cendre.
Robin QUINQUIS - https://www.facebook.com/robinquinquis

Tout en progressant vers le sud, je divaguais de droite à gauche, afin de ramasser toutes les matières premières qui traînaient sur le sol. Un peu plus loin, relevant la tête après avoir mis la main sur la dernière pomme de pin que contenait l'arbre que je venais d'abattre, j’aperçus une forme marron, reposant sur la terre. Une sorte de piquet était planté derrière.

Quelle fut ma stupeur lorsque je me redressai et aperçus également un crâne, poursuivit d'un corps tout autant squelettique, gisant sur le sol, au côté de ces deux étranges objets. Je m'approchais à petits pas, les yeux fixés sur les restes d'un homme sans vie. Je peinais à soutenir le regard.

Arrivé à sa hauteur, je m'abaissai et découvris, à côté du défunt, un casque en cuir marron.Je le déterrais et, après avoir retiré la terre qui le souillait, l'examinais. Son état laissait à désirer. Le cuir était asséché et craquait. Plusieurs fentes le décoraient.
Il était même orné d'un bon nombre de trous, sûrement l’œuvre de quelques maudites vermines et cloportes.
AudreyAya - http://audreyaya.deviantart.com/

Me penchant ensuite sur le fameux piquet, je l'empoignai et, d'un coup sec, le retirai du sol.

- Une lance ! jubilais-je.

Sautant presque de joie, je levai l'arme en l'air avec l'énergie du désespoir. Être en possession d'un tel objet, savoir que l'on va pouvoir se défendre dans un endroit où l'on a l'impression que la mort peut venir de n'importe où à n'importe quel moment, est une chose plus que rassurante.

Me tournant ensuite vers le squelette, je l'observai dans l'espoir d'en découvrir plus sur lui. C'était peine perdue. Ce corps sans âme devait gésir ici depuis un bon moment. Plus la moindre trace de chair n'ornait ces os sales, devenus rugueux par le temps. Je passai délicatement la main le long du bras du cadavre, je remontai jusqu'à son poing.

C'est alors que, fronçant les sourcils,je remarquai qu'il serrait quelque chose. Non sans mal, j'écartai un par un les doigts de cette main osseuse. Les phalanges craquèrent en un bruit horrible. J'en eus presque la nausée.

Petit à petit, je découvris ce que renfermaient ces doigts blanchâtres... Un petit objet, qui brillait. La dernière phalange lâcha un craquement sinistre alors que je m’emparai de la magnifique pépite d'or qu'elle protégeait jusqu'à cet instant. Je l'observais avec émerveillement, elle roulait sur mes doigts, reflétant les rayons du soleil de son or d'une extrême pureté.

Tout à coup, alors que je devais être en extase devant cette pierre depuis une bonne minute, un craquement significatif retentit dans mon dos. Sans me retourner, je fourrai délicatement le joyau dans un repli de mon veston et resserrai la poigne sur ma lance.

Plus aucun bruit, un silence de mort régna derrière moi. Mais je savais que quelque chose m’épiait, attendait le bon moment pour me sauter dessus, et me liquider.

M'armant de tout mon courage, je me retournai en un bond et menaçai du bout de ma lance ce qui se trouvait alors devant moi… Un vulgaire lapin. Il me regarda de ses yeux remplis d'innocence, sa queue frémissant de contentement.
Zouille

Je soufflai un grand coup. Quelle peur j'avais eu ! Équipé de mes nouvelles trouvailles, je repris la direction du crachat noirâtre qui tachait le ciel.

Je n'étais plus très loin de mon objectif.
D'où j'étais, je parvenais à distinguer un pilier, seul, qui montait droit vers le ciel, surmonté d'un feu.
Je m'approchai davantage et remarquai la présence d'êtres au semblant humanoïde autour de ce fameux brasier surélevé.

Je progressai encore, me courbai et me mis au couvert d'un arbre afin de pouvoir observer ce qui se tramait ici sans pouvoir être repéré.

J'osai jeter un bref coup d’œil ; ce que je vis dépassait tout ce que j'aurais pu imaginer.

A quelques pas d'où j'étais caché, un immense poteau, comparable à un totem indien, se tenait fièrement au milieu d'une petite culture de hautes herbes que j'avais déjà pu ramasser auparavant. Surveillant attentivement, tels des gardes zélés, quatre créatures d'aspect repoussant montaient la garde et semblaient vouloir protéger quelque chose. Je m'attardai sur un de ces bipèdes, je n'en croyais pas mes yeux, des hommes-cochons.
Nathan TUSSAU

Debout sur leurs pattes arrières, ces cochons adoptaient une apparence parfaitement humanoïde. Un pagne de feuilles leur serrait la taille et un bandeau verdâtre leur encerclait les oreilles. On aurait dit de parfaits indigènes.

Ils alimentaient assez régulièrement l'immense brasier qui se consumait à une vitesse folle en haut de cette colonne solitaire, arrachant négligemment des feuilles de leurs plantations. Je les regardais faire pendant un petit moment.

Ils parlaient un dialecte relativement primitif mais dont je parvenais tout de même à comprendre des brides. "Manque du feu","Met plus à brûler" semblait être la quasi totalité de l'amplitude de leur lexique.

J’hésitais à m'approcher. Ils avaient un visage marqué par le temps, sûrement de vétérans combattants. La possibilité d'une altercation au corps à corps n'était pas à exclure, et dans ce cas, le dénouement ne faisait aucun doute.

Après une intense réflexion, pesant précautionneusement le pour et le contre, je pris la décision de tenter une approche. Je sortis de ma planque de fortune et, prenant mon courage à deux mains, m'élançai d'un pas que j'espérais décidé, droit sur le campement des hommes-bêtes. Je regardais droit devant moi, essayant d'avoir l'air le plus sûr possible. Au fond de moi, je tremblais de peur, j'avais la gorge nouée. Je serrais tant ma lance que j'en avais mal à la main. Mes lèvres tremblaient sans cesse et de grosses gouttes de sueur perlaient abondamment sur mon front, coulant lentement le long de mon visage totalement crispé d'angoisse.

- TOI PAS BOUGER !

Ces mots pesants que venait d’abattre le garde devant moi me stoppèrent net. Osant lever le regard, je le vis s’approcher de moi d’un air menaçant. D’un geste peu assuré, je pointai ma lance sur lui afin de le tenir à distance.

- TOI PAS RESTER ICI !

Un autre indigène venait de se joindre à la conversation. J’étais terrifié, aucun mot ne parvenait à sortir de ma bouche. Ma gorge s’était asséchée instantanément. J’étais seulement capable de brandir cette lance qui ne rassurait d’ailleurs pas tellement mes deux adversaires. J’avais trop peur, je fit un pas en arrière.

L’un des deux homme-cochon y vit une brèche et se lança sur moi :

- POUR LE ROI ! beugla-t-il.

En un rien de temps il était sur moi. J’effectuai un mouvement de rotation avec ma lance et lui infligeai une vilaine plaie le long du torse. Le deuxième s’élança à son tour :

- LE ROI ! LE ROI ! répéta-t-il.

Alors que je reculai sous l’assaut des deux bêtes enragées, j'aperçus, plus loin, à l’arrière, les deux autres cinglés qui accouraient à la rescousse de leurs confrères, comme si leur vie en dépendait. Complètement débordé, ne voyant aucune autre solution, je me retournai et pris mes jambes à mon coup aussi vite que je pus.
AudreyAya - http://audreyaya.deviantart.com/

La peur au ventre, je détalai la queue entre les jambes. Je courrais si longtemps que j'eus l’impression de remonter le temps. Je revoyais tout, toute mon épopée depuis presque deux jours repassa en trombe devant mes yeux éberlués. Mes jambes, hors de contrôle, auraient pu continuer longtemps si je n’avais pas usé de toute ma volonté pour les forcer à s’arrêter.

Je ralentis doucement au milieu d’un espace qui m’apparut singulièrement familier : une forêt noire me faisait face.

En une fraction de seconde, le ciel s’assombrit, tout devint noir. Plongé dans une pénombre que j’avais déjà pu côtoyer, je choisis fébrilement les matériaux nécessaires à la confection d’un feu de camp. Ceci étant fait, je mangeai un morceau et attendis le jour suivant avec une certaine appréhension, l’oeil vigilant et l’arme au côté, dans cette ambiance nocturne.

13 commentaires:

  1. Je suis très heureux de vous proposer ce 3ème chapitre qui j'espère vous plaira. Aujourd'hui aucun sondage mais si vous avez la moindre question sur quoi que se soit n'hésitez pas.
    J'adresse également un énorme merci aux illustrateurs, j'ai pris un réel plaisir à travailler avec eux.

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  2. Toujours sympa de te lire ! :) Juste un truc, le dernier mot "nuptiale" ne va pas dutout avec l'ambiance x)
    Je m'explique, nuptiale défini le cadre amoureux du mariage, ce n'est pas pour rien que la musique que l'on entend lors des mariages s'appelle la marche nuptiale de plus on emploi souvent l'expression "parade nuptiale" lors de la période de rute de certains animaux. Voila c'est tout mais sinon bravo pour ton inspiration et ton style d'écriture, on ressent bien les émotions du personnage :p
    En espérant te relire au plus vite, salut !

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    1. Oui, merci, le véritable mot est nocturne^^
      Petite confusion :p
      Et merci :)

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  3. Très bonne fic ! =) Je ne peux me plaindre du temps mit à écrire étant donné les beau fan art avec !

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  4. Bon, effectivement, mon truc est pas le plus mirobolant, mais le lecteur, fasciné par le texte, ne s'en rendra pas compte x)

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    1. J'aime bien ton dessin, à part peut être les cheveux de Wilson et sa nuque qui dérangent un peu, mais pour le reste c'est plutôt bien fait!

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    2. Moi j'aime bien ton style, en fait j'aime tous les dessins ! lol J'aime bien ce côté diversifié, chacun montre sa vision du jeu et harmonisé avec le texte de KoHann ça donne un truc super sympa \o/

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  5. Chouettes dessins et chouette texte :)

    Simple petite remarque : tu devrais mettre un lien vers les chapitre précédent en début de texte. Ou faire une page "index".

    Au plaisir de lire le prochain :)

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    1. Je dirais un lien vers une page qui indexe les liens de tous les épisodes comme ça, épisode précédent ou épisode suivant, tout le monde y trouve son compte...?

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    2. Oui, faut que je pense à soumettre cette idée à Sam, merci :)

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  6. BlueHost is definitely one of the best hosting provider for any hosting plans you require.

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